L’euro rebondit après un nouveau plus bas, avant la publication du PIB de la zone euro

  • L’EUR/USD remonte juste sous 1,1200 après être passé sous son plus bas du 14 octobre.
  • La présidente de la BCE, Christine Lagarde, juge probable une hausse des taux en décembre après un maintien décidé à l’unanimité.
  • L’inflation d’octobre en zone euro sera publiée mercredi 4 novembre, après 3,8 %.

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a déclaré qu’une nouvelle hausse des taux en décembre restait probable. L’EUR/USD est remonté au-dessus du plus haut de mercredi après être passé sous son plus bas du 14 octobre. La paire a reculé jusqu’à un niveau légèrement supérieur à 1,1100 avant de rebondir et s’échange juste sous 1,1200, près de son plus haut de la séance, en voie de signer une deuxième hausse consécutive.

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La BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,50 %, après deux relèvements intervenus depuis que la guerre en Iran a fait grimper les prix de l’énergie. Christine Lagarde a indiqué qu’une troisième hausse avait été envisagée avant que la décision de laisser les taux inchangés ne soit prise à l’unanimité. L’EUR/USD a commencé à progresser pendant qu’elle répondait aux questions. Les marchés monétaires évaluent à plus de 80 % la probabilité que cette hausse intervienne en décembre.

Dans une vidéo publiée avant la décision, Christine Lagarde a annoncé qu’elle quitterait ses fonctions le 7 février, environ neuf mois avant la fin de son mandat. L’EUR/USD a touché son plus bas de la séance lors de l’annonce de la décision sur les taux qui a suivi. Goldman Sachs estime que la BCE devrait conserver la même ligne, quelle que soit la personne qui lui succédera.

Au calendrier

La première estimation de la croissance de la zone euro au troisième trimestre sera publiée vendredi à 10h00 GMT. Elle est attendue à 0,2 %, après 0,6 %. L’économiste en chef de la BCE, Philip Lane, prendra la parole à 16h10 GMT. L’inflation d’octobre en zone euro sera publiée le 4 novembre à 10h00 GMT, après 3,8 % en septembre. Ces trois rendez-vous auront une incidence sur la hausse des taux de décembre.

Aux États-Unis, l’indice du coût de l’emploi du troisième trimestre sera publié vendredi à 12h30 GMT. Il est attendu en hausse de 0,8 %, après 0,9 %. L’indice des services de l’Institute for Supply Management (ISM) suivra le 4 novembre à 15h00 GMT, au lendemain des élections américaines de mi-mandat, après une lecture de 54,9. Ces deux indicateurs éclaireront la prochaine décision de la Fed en décembre.

Analyse technique

Le rebond depuis le plus bas de la séance a effacé environ un huitième de la baisse enregistrée depuis le sommet d’août. L’EUR/USD reste à quelque 150 pips sous sa moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 jours. Celle-ci est passée sous la moyenne à 200 jours à la mi-septembre, et les deux sont séparées d’environ 1,5 cent.


Graphique journalier de l’EUR/USD

Questions fréquentes sur l’euro

L’euro est la monnaie des 20 pays de l’Union européenne qui appartiennent à la zone euro. Il s’agit de la deuxième devise la plus échangée au monde, derrière le dollar américain. En 2022, il représentait 31 % de l’ensemble des transactions sur le marché des changes, avec un volume quotidien moyen supérieur à 2 200 milliards de dollars. L’EUR/USD est la paire de devises la plus échangée au monde, représentant environ 30 % de l’ensemble des transactions, suivie de l’EUR/JPY (4 %), de l’EUR/GBP (3 %) et de l’EUR/AUD (2 %).

La Banque centrale européenne (BCE), située à Francfort, en Allemagne, est la banque centrale de la zone euro. Elle fixe les taux d’intérêt et conduit la politique monétaire. Le mandat principal de la BCE est de maintenir la stabilité des prix, ce qui implique soit de maîtriser l’inflation, soit de stimuler la croissance. Son principal outil consiste à relever ou à abaisser les taux d’intérêt. Des taux relativement élevés, ou la perspective d’une hausse des taux, soutiennent généralement l’euro, et inversement. Le Conseil des gouverneurs de la BCE prend les décisions de politique monétaire lors de réunions organisées huit fois par an. Ces décisions sont prises par les dirigeants des banques centrales nationales de la zone euro et six membres permanents, dont la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

Les données sur l’inflation en zone euro, mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), constituent un indicateur économique important pour l’euro. Si l’inflation augmente plus que prévu, en particulier lorsqu’elle dépasse l’objectif de 2 % de la BCE, cette dernière est contrainte de relever les taux d’intérêt pour la ramener sous contrôle. Des taux d’intérêt relativement élevés par rapport à ceux des autres économies soutiennent généralement l’euro, car ils rendent la zone plus attractive pour les investisseurs internationaux qui cherchent à placer leurs fonds.

Les publications de données permettent d’évaluer la santé de l’économie et peuvent avoir une incidence sur l’euro. Des indicateurs comme le PIB, les indices PMI manufacturier et des services, l’emploi et les enquêtes de confiance des consommateurs peuvent tous influencer l’évolution de la monnaie unique. Une économie solide est favorable à l’euro. Non seulement elle attire davantage d’investissements étrangers, mais elle peut aussi inciter la BCE à relever les taux d’intérêt, ce qui renforcera directement l’euro. À l’inverse, si les données économiques sont faibles, l’euro est susceptible de baisser. Les données économiques des quatre principales économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie et Espagne) revêtent une importance particulière, car elles représentent 75 % de l’économie de la zone euro.

La balance commerciale est une autre publication importante pour l’euro. Cet indicateur mesure la différence entre les recettes qu’un pays tire de ses exportations et ses dépenses d’importation sur une période donnée. Si un pays produit des biens très recherchés à l’exportation, sa monnaie s’appréciera du seul fait de la demande supplémentaire émanant des acheteurs étrangers souhaitant acquérir ces biens. Un solde commercial positif renforce donc une monnaie, tandis qu’un solde négatif produit l’effet inverse.