
Le cours de l’argent (XAG/USD) bondit de près de 4 % pour avoisiner 51,85 $ durant la séance européenne de mercredi. Le métal blanc s’envole à la suite des résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui ont donné aux démocrates la majorité des sièges dans les deux chambres du Congrès.

La victoire des démocrates a suscité des inquiétudes quant à la poursuite des politiques actuelles de l’administration du président américain Donald Trump, notamment le soutien aux dépenses consacrées à l’intelligence artificielle (IA), renforçant nettement l’attrait des actifs refuges comme l’argent. Cette incertitude devrait toutefois maintenir le dollar américain (USD) sous pression.
Les analystes de Commerzbank avertissent que les actions américaines, et « le Nasdaq en particulier, davantage exposé aux valeurs technologiques, risquent de subir des pressions » en raison des élections. Ils soulignent que la vigueur récente du dollar a été étroitement liée à « l’enthousiasme suscité par les actions américaines et aux entrées de capitaux qui en ont résulté ».
Selon eux, tout revers des actions américaines pourrait signifier que « la faiblesse du dollar pourrait donc s’installer un peu plus durablement au cours des prochaines heures ». Commerzbank ajoute que « si l’investissement commence à perdre de son élan, les marchés pourraient commencer à anticiper une phase de croissance américaine plus faible, ce qui pèserait sur le dollar ». Cette perspective renforce le risque de voir le récent repli de la devise se prolonger à mesure que les anticipations de croissance sont réévaluées.
Le prochain catalyseur majeur pour le cours de l’argent sera la publication, vendredi, des chiffres de l’emploi non agricole aux États-Unis (NFP) pour octobre. Ces données devraient avoir un impact significatif sur les anticipations de taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed).
À l’heure actuelle, l’outil FedWatch du CME indique qu’une hausse des taux de 25 points de base (pb) par la Fed, portant leur fourchette à 4,00 %-4,25 % lors de la réunion de décembre, est très largement anticipée.
Plus tard dans la journée, les investisseurs suivront l’évolution de l’emploi privé aux États-Unis selon l’enquête ADP ainsi que l’indice ISM des directeurs d’achat (PMI) du secteur des services pour octobre.

Sur le graphique journalier, le XAG/USD s’échange à 51,77 $ et conserve un biais baissier à court terme, restant sous sa moyenne mobile exponentielle (MME) à 20 jours, située à 54,83 $. L’incapacité du métal à repasser au-dessus de ce repère de tendance à court terme suggère que les pressions baissières persistent. L’indice de force relative (RSI), à 36,69, témoigne quant à lui d’une dynamique faible : il est remonté après un passage en zone de survente, mais ne traduit toujours pas de conviction haussière.
À la hausse, une première résistance se situe au niveau de la MME à 20 jours, vers 54,83 $. Un franchissement durable de ce seuil serait nécessaire pour atténuer le biais baissier actuel. À la baisse, le plus bas de 11 mois, à 48,62 $, constitue le principal support ; une cassure de ce niveau ouvrirait la voie à une poursuite du recul vers 45 $.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
L’argent est un métal précieux très négocié par les investisseurs. Il a historiquement servi de réserve de valeur et de moyen d’échange. Bien que moins prisé que l’or, il peut attirer les traders souhaitant diversifier leur portefeuille d’investissement, profiter de sa valeur intrinsèque ou se protéger contre les périodes de forte inflation. Les investisseurs peuvent acheter de l’argent physique, sous forme de pièces ou de lingots, ou le négocier au moyen d’instruments tels que les fonds négociés en bourse (ETF), qui suivent son cours sur les marchés internationaux.
Le cours de l’argent peut évoluer sous l’effet de nombreux facteurs. L’instabilité géopolitique ou les craintes d’une récession profonde peuvent le faire grimper en raison de son statut de valeur refuge, bien que cet effet soit moins marqué que pour l’or. Actif ne procurant aucun rendement, l’argent tend à s’apprécier lorsque les taux d’intérêt baissent. Son évolution dépend également de celle du dollar américain (USD), puisqu’il est coté en dollars (XAG/USD). Un dollar fort tend à freiner le cours de l’argent, tandis qu’un dollar plus faible est susceptible de le faire monter. D’autres facteurs, comme la demande d’investissement, l’offre minière – l’argent étant bien plus abondant que l’or – et les taux de recyclage, peuvent également influer sur les prix.
L’argent est largement utilisé dans l’industrie, notamment dans des secteurs comme l’électronique ou l’énergie solaire, car il possède l’une des conductivités électriques les plus élevées parmi les métaux, supérieure à celles du cuivre et de l’or. Une forte hausse de la demande peut faire monter les prix, tandis qu’un recul tend à les faire baisser. La dynamique des économies américaine, chinoise et indienne peut également contribuer aux fluctuations des cours : aux États-Unis et surtout en Chine, les vastes secteurs industriels utilisent l’argent dans divers procédés ; en Inde, la demande des consommateurs pour ce métal précieux destiné à la bijouterie joue également un rôle clé dans la formation des prix.
Le cours de l’argent tend à suivre les mouvements de l’or. Lorsque le prix de l’or augmente, celui de l’argent lui emboîte généralement le pas, les deux métaux ayant un statut similaire de valeur refuge. Le ratio or/argent, qui indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour égaler la valeur d’une once d’or, peut aider à évaluer la valorisation relative des deux métaux. Certains investisseurs peuvent interpréter un ratio élevé comme le signe que l’argent est sous-évalué ou que l’or est surévalué. À l’inverse, un ratio faible pourrait suggérer que l’or est sous-évalué par rapport à l’argent.