L’indice du dollar américain recule vers 101,50 sur fond de probabilité d’une pause de la Fed sur les taux et de moindre demande de valeurs refuges

  • La Fed devrait maintenir ses taux en octobre avant une éventuelle hausse en décembre, ce qui réduit la demande de dollars.
  • Les marchés estiment à 90,6 % la probabilité d’une pause en octobre, dans l’attente des données américaines clés sur l’inflation PCE et le PIB.
  • Le dollar recule avec l’atténuation du risque immédiat de frappes américaines contre l’Iran, mais l’incertitude géopolitique persiste pour la période suivant les élections à venir.

L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure la valeur du dollar américain (USD) face à six grandes devises, perd du terrain après avoir progressé la veille et évolue autour de 101,70 durant la séance asiatique de lundi.

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Le billet vert subit des pressions baissières liées aux anticipations du marché concernant la trajectoire à venir de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Les marchés financiers s’attendent à ce que la Fed maintienne ses taux d’intérêt en octobre avant de procéder éventuellement à une nouvelle hausse en décembre. Selon l’outil CME FedWatch, les cours de marché intègrent une probabilité de 90,6 % d’un maintien des taux lors de la réunion de politique monétaire des 27 et 28 octobre, ainsi qu’une probabilité de 79,7 % d’une hausse des taux en décembre.

Elias Haddad, de Brown Brothers Harriman, souligne que le FOMC devrait largement laisser sa politique inchangée cette semaine, avec une fourchette cible des taux des fonds fédéraux « stable à 3,75-4,00 % après une hausse de 25 points de base en septembre ». Il précise que « les appels à la patience de plusieurs hauts responsables de la Fed plaident en faveur d’une pause », tandis que les marchés à terme « n’intègrent qu’une probabilité de 10 % d’une hausse cette semaine, une hausse des taux le 9 décembre étant presque entièrement anticipée ». Dans un contexte de données américaines solides et de pressions inflationnistes persistantes, Haddad estime que cette orientation continue de soutenir le dollar.

Les investisseurs surveillent de près les publications économiques américaines clés prévues cette semaine, notamment les données sur l’inflation mesurée par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) et les chiffres préliminaires du PIB du troisième trimestre, afin d’évaluer l’évolution future des taux.

Parallèlement, le dollar américain est à la peine, la demande de valeurs refuges s’atténuant après les récents propos du président américain Donald Trump. Selon des informations rapportées par Al Jazeera, le président Trump a exclu toute action militaire immédiate contre l’Iran, précisant qu’« il n’y aura pas de frappe aujourd’hui ».

Malgré cette pause temporaire, les marchés restent très inquiets face au risque de reprise des frappes après les élections israéliennes de cette semaine et les élections américaines de mi-mandat de la semaine prochaine. Des rapports des services de renseignement indiquent que l’Iran est prêt à riposter en visant des sites stratégiques dans la région, en Israël et aux Émirats arabes unis, si les opérations militaires reprennent.

Questions fréquentes sur le dollar américain

Le dollar américain (USD) est la monnaie officielle des États-Unis d’Amérique, ainsi que la monnaie « de fait » d’un nombre important d’autres pays, où il circule aux côtés des billets locaux. Il s’agit de la devise la plus échangée au monde, représentant plus de 88 % du volume total des transactions sur le marché mondial des changes, soit une moyenne de 6 600 milliards de dollars de transactions par jour, selon les données de 2022. Après la Seconde Guerre mondiale, l’USD a supplanté la livre sterling en tant que monnaie de réserve mondiale. Pendant la majeure partie de son histoire, le dollar américain était adossé à l’or, jusqu’à l’accord de Bretton Woods en 1971, qui a marqué l’abandon de l’étalon-or.

Le principal facteur influençant la valeur du dollar américain est la politique monétaire, définie par la Réserve fédérale (Fed). La Fed a un double mandat : assurer la stabilité des prix (maîtriser l’inflation) et favoriser le plein emploi. Son principal outil pour atteindre ces deux objectifs consiste à ajuster les taux d’intérêt. Lorsque les prix augmentent trop rapidement et que l’inflation dépasse l’objectif de 2 % de la Fed, celle-ci relève ses taux, ce qui soutient la valeur de l’USD. Lorsque l’inflation passe sous 2 % ou que le taux de chômage est trop élevé, la Fed peut abaisser ses taux d’intérêt, ce qui pèse sur le billet vert.

Dans des situations extrêmes, la Réserve fédérale peut également créer davantage de dollars et mettre en œuvre un assouplissement quantitatif (QE). Le QE est un processus par lequel la Fed accroît considérablement les flux de crédit dans un système financier grippé. Il s’agit d’une mesure de politique monétaire non conventionnelle utilisée lorsque le crédit s’est tari parce que les banques refusent de se prêter entre elles, par crainte d’une défaillance de leur contrepartie. C’est une solution de dernier recours lorsqu’une simple baisse des taux d’intérêt ne semble pas susceptible de produire le résultat nécessaire. Cet outil a été privilégié par la Fed pour lutter contre la crise du crédit survenue lors de la grande crise financière de 2008. Il consiste pour la Fed à créer davantage de dollars et à les utiliser pour acheter des obligations d’État américaines, principalement auprès d’établissements financiers. Le QE entraîne généralement un affaiblissement du dollar américain.

Le resserrement quantitatif (QT) est le processus inverse : la Réserve fédérale cesse d’acheter des obligations auprès des établissements financiers et ne réinvestit pas dans de nouveaux achats le capital remboursé à l’échéance des obligations qu’elle détient. Il est généralement favorable au dollar américain.