La livre sterling tente de se stabiliser au-dessus de 1,3400 sur fond de faiblesse du dollar américain

  • La paire GBP/USD se maintient au-dessus de 1,3400 et s’achemine vers une hausse de 1,4 % sur les deux dernières semaines.
  • Les marchés se préparent à une pause de la Fed la semaine prochaine et à une hausse des taux de la BoE début novembre.
  • Le dollar américain peine à se redresser alors que les marchés s’interrogent sur l’ampleur du cycle de resserrement de la Fed.

La livre sterling (GBP) poursuit sa progression face à un dollar américain (USD) affaibli jeudi, alors que les marchés se préparent à la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) la semaine prochaine. Au Royaume-Uni, les conditions sont réunies pour une hausse des taux de la Banque d’Angleterre (BoE) en novembre. Dans ce contexte, la paire GBP/USD évolue à son plus haut niveau depuis un mois, juste au-dessus de 1,3400, et s’achemine vers une hausse de 1,4 % sur les deux dernières semaines.

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Les données britanniques publiées mercredi ont confirmé que les prix élevés de l’énergie alimentent l’inflation à la consommation, accentuant la pression sur la BoE pour qu’elle relève ses taux d’intérêt. Les chiffres du produit intérieur brut (PIB) britannique, publiés la semaine dernière, ont montré que l’économie continue de croître, ce qui facilitera la décision des responsables de la banque centrale lors de la réunion du 5 novembre.

Plus tard dans la journée, le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, doit s’exprimer sur l’indépendance des banques centrales lors d’un événement de l’Official Monetary and Financial Institutions Forum (OMFIF). Il pourrait fournir de nouveaux indices sur les perspectives de la prochaine réunion de politique monétaire.

Le dollar américain peine à se redresser alors que les marchés s’interrogent sur l’ampleur du cycle de resserrement monétaire de la Fed

Le dollar américain reste pour sa part sous pression sur fond de baisse des rendements des bons du Trésor américain. Les investisseurs estiment que la Fed ne devrait pas relever ses taux d’intérêt lors de la réunion de la semaine prochaine et s’interrogent sur l’ampleur du cycle de resserrement, après des propos à tonalité accommodante de responsables de la Fed.

La semaine dernière, le président de la Fed, Warsh, a tenu un discours prudent, refusant de préjuger de l’issue des réunions d’octobre et de décembre, tandis que d’autres membres du Conseil des gouverneurs ont demandé davantage de temps pour évaluer les conséquences de la hausse des taux de septembre avant de relever encore les taux d’intérêt.

Les analystes d’ING restent haussiers sur la livre sterling. « La confiance accrue des marchés dans un cycle de resserrement de la Banque d’Angleterre, avec des hausses de 25 points de base que nous anticipons en février et en novembre, fait de la livre sterling une devise européenne offrant un rendement de portage élevé », indique la banque néerlandaise dans une note.

Questions fréquentes sur les banques centrales

Les banques centrales ont pour mission essentielle d’assurer la stabilité des prix dans un pays ou une région. Les économies sont constamment confrontées à l’inflation ou à la déflation lorsque les prix de certains biens et services fluctuent. Une hausse continue des prix des mêmes biens correspond à de l’inflation ; une baisse continue de ces prix correspond à de la déflation. La banque centrale a pour tâche de réguler la demande en ajustant son taux directeur. Pour les principales banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) ou la Banque d’Angleterre (BoE), l’objectif est de maintenir l’inflation à un niveau proche de 2 %.

Une banque centrale dispose d’un outil important pour faire augmenter ou diminuer l’inflation : l’ajustement de son taux directeur de référence, couramment appelé taux d’intérêt. À des dates annoncées à l’avance, la banque centrale publie un communiqué indiquant son taux directeur et explique les raisons pour lesquelles elle le maintient ou le modifie, à la baisse ou à la hausse. Les banques locales adaptent en conséquence leurs taux d’épargne et de crédit, ce qui permet aux particuliers de faire fructifier leur épargne, ou aux entreprises d’emprunter et d’investir dans leur activité, à des conditions plus ou moins favorables. Lorsque la banque centrale relève sensiblement ses taux d’intérêt, on parle de resserrement monétaire. Lorsqu’elle abaisse son taux de référence, on parle d’assouplissement monétaire.

Une banque centrale est souvent indépendante du pouvoir politique. Les membres de son organe de décision passent devant plusieurs commissions et participent à des auditions avant d’être nommés. Chaque membre a généralement ses propres convictions sur la manière dont la banque centrale doit maîtriser l’inflation et sur la politique monétaire à mener en conséquence. Les membres qui souhaitent une politique monétaire très accommodante, avec des taux bas et un crédit bon marché, afin de stimuler fortement l’économie, tout en acceptant une inflation légèrement supérieure à 2 %, sont appelés « colombes ». Ceux qui préfèrent des taux plus élevés pour rémunérer l’épargne et souhaitent maîtriser l’inflation en permanence sont appelés « faucons ». Ils ne relâchent pas leurs efforts tant que l’inflation n’est pas revenue à 2 % ou légèrement en dessous.

En règle générale, un président dirige chaque réunion. Il doit dégager un consensus entre les faucons et les colombes et dispose d’une voix prépondérante en cas de partage égal des votes sur une éventuelle modification de la politique en vigueur. Le président prononce des discours, souvent retransmis en direct, dans lesquels il présente l’orientation actuelle de la politique monétaire et ses perspectives. Une banque centrale cherche à mettre en œuvre sa politique monétaire sans provoquer de fluctuations brutales des taux, des actions ou de sa monnaie. Tous ses membres communiquent leur position aux marchés en amont d’une réunion de politique monétaire. Quelques jours avant la réunion et jusqu’à l’annonce de la nouvelle décision de politique monétaire, il leur est interdit de s’exprimer publiquement. C’est ce que l’on appelle la période de silence.