
Le cours de l’or (XAU/USD) regagne une partie du terrain perdu et se rapproche de 3 895 $ durant les premières heures de cotation en Asie lundi. Le métal précieux progresse légèrement après avoir touché un plus bas à 3 870 $ lors de la séance précédente. Son potentiel haussier semble toutefois limité, les prix élevés du pétrole et les inquiétudes concernant l’inflation ayant renforcé les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt américains.

La dernière vague de ventes est survenue alors que les opérateurs se préparent à une nouvelle semaine potentiellement volatile. Les tensions persistantes au Moyen-Orient, les données sur l’emploi américain et les élections de mi-mandat devraient constituer de nouvelles sources d’incertitude pour les marchés financiers.
Selon The Guardian, l’Ukraine a repris ses attaques contre les raffineries de pétrole russes, malgré les pressions du président américain Donald Trump à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, mettant fin à une pause d’environ deux semaines. Par ailleurs, le guide suprême iranien a ordonné à ses principaux commandants militaires de se préparer à une nouvelle confrontation avec les États-Unis et Israël.
Bien que la Réserve fédérale (Fed) ait maintenu ses taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion de politique monétaire d’octobre, la banque centrale américaine reste déterminée à faire baisser l’inflation. Selon l’outil CME FedWatch, les marchés intègrent désormais une probabilité d’environ 72,9 % d’une hausse des taux américains en décembre. Des taux d’intérêt plus élevés augmentent le coût d’opportunité de la détention d’or, qui ne génère aucun rendement.
« Le facteur décisif sera de savoir si les prochaines données économiques inciteront les marchés à réévaluer les perspectives de taux d’intérêt, en orientant les anticipations vers une pause dans le resserrement monétaire ou une reprise des baisses de taux. D’ici là, l’or devrait rester sous pression vendeuse, malgré des facteurs favorables qui continuent de soutenir ses perspectives à moyen et long terme », a déclaré Simon-Peter Massabni, responsable du développement commercial chez XS.com.
Les stratégistes d’OCBC soulignent que le récent rebond de l’or s’est essoufflé, les cours « se repliant vers leurs plus bas autour de 4 000 malgré une certaine détente des rendements des bons du Trésor américain et des prix du pétrole ». Ils relèvent qu’en septembre, « l’inflation PCE sous-jacente est ressortie globalement conforme aux attentes, à 3,1 % sur un an, tandis que le PIB plus robuste du troisième trimestre 2026 a confirmé la résilience de l’économie américaine ». Selon eux, ces données « n’ont guère donné aux marchés de raisons de réduire sensiblement leurs anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Fed en décembre, après le statu quo monétaire de cette semaine ».
Plus notable encore, OCBC souligne que « l’incapacité de l’or à profiter de la baisse des rendements laisse penser que l’intérêt de nouveaux acheteurs reste limité, même si les pressions liées aux liquidations antérieures pourraient s’atténuer ». Les stratégistes ajoutent que « le nouvel accès de faiblesse des valeurs technologiques a également pesé sur le sentiment de marché, en ravivant les craintes d’une nouvelle vague de réduction du levier financier à plus grande échelle ».
Dans ce contexte, OCBC déclare : « Nous restons prudents à court terme, une poursuite de la consolidation ou un nouveau test des récents plus bas n’étant pas à exclure. » La banque souligne également que « l’indice du coût de l’emploi publié vendredi ainsi que l’évolution des actions, des rendements et du dollar américain seront à surveiller de près ».
Logan, de la Fed, livre un message résolument restrictif, avec un score FXS Speechtracker de 8/10, légèrement supérieur à la moyenne historique de 7,7/10, ce qui témoigne d’une conviction accrue quant à la nécessité de durcir la politique monétaire. Son insistance sur le fait que la Fed « a besoin d’au moins deux nouvelles hausses de taux d’un quart de point » et qu’une pause lors d’une réunion ne modifie pas le niveau de taux visé souligne un engagement clair à rendre la politique monétaire « modérément restrictive », d’autant que l’inflation reste jugée « inacceptable » au regard de l’objectif de 2 %. L’accent mis sur un ajustement progressif et sur la clarté du niveau de taux visé cherche à limiter les risques baissiers, tout en permettant aux ménages, aux entreprises et aux investisseurs de s’adapter à des taux d’intérêt en dollars plus élevés, dans un contexte de croissance soutenue et de marché du travail équilibré, susceptible de se tendre.
Le FXS Fed Sentiment Index progresse de 0,95 point à 143,62, s’inscrivant nettement en territoire restrictif, en phase avec l’appel de Logan à un resserrement supplémentaire malgré la possibilité d’une pause à court terme. Ce niveau élevé, largement supérieur au seuil neutre de 100, confirme que le discours renforce encore l’influence des anticipations de resserrement monétaire sur les perspectives du dollar, conformément au ton plus ferme relevé par le FXS Speechtracker.
Sur le graphique journalier, le XAU/USD poursuit son repli sous toutes les principales bandes mentionnées et sous la moyenne mobile simple (SMA) à 100 jours, ce qui maintient le métal sous une nette pression baissière. Le cours reste également sous la ligne médiane des bandes de Bollinger, et même sous leur bande inférieure, ce qui suggère une forte cassure baissière. De son côté, l’indice de force relative (RSI) à 14 périodes, à 32, évolue juste au-dessus de la zone de survente, laissant penser que la dynamique baissière est poussée à l’extrême, sans toutefois s’inverser pour l’instant.
À la hausse, une première résistance se situe au niveau de la bande inférieure de Bollinger, autour de 3 910 $, suivie de la bande médiane, proche de 4 085 $, qui constitue le premier obstacle significatif à un redressement. Au-delà, la SMA à 100 jours à 4 210 $ et la bande supérieure de Bollinger à 4 265 $ forment une solide zone de résistance qu’il faudrait reconquérir pour atténuer le biais baissier actuel et ouvrir la voie à un rebond plus durable.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
L’or a joué un rôle clé dans l’histoire de l’humanité, ayant été largement utilisé comme réserve de valeur et comme moyen d’échange. Aujourd’hui, au-delà de son éclat et de son utilisation en joaillerie, le métal précieux est largement considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire comme un bon investissement en période de turbulences. L’or est également souvent perçu comme une protection contre l’inflation et la dépréciation des monnaies, car il ne dépend d’aucun émetteur ni gouvernement particulier.
Les banques centrales sont les plus grandes détentrices d’or. Afin de soutenir leur monnaie en période de turbulences, elles tendent à diversifier leurs réserves et à acheter de l’or pour renforcer la perception de la solidité de leur économie et de leur monnaie. D’importantes réserves d’or peuvent inspirer confiance dans la solvabilité d’un pays. Selon les données du Conseil mondial de l’or, les banques centrales ont ajouté 1 136 tonnes d’or, d’une valeur d’environ 70 milliards de dollars, à leurs réserves en 2022. Il s’agit du volume d’achats annuel le plus élevé depuis le début des statistiques. Les banques centrales d’économies émergentes telles que la Chine, l’Inde et la Turquie augmentent rapidement leurs réserves d’or.
L’or présente une corrélation inverse avec le dollar américain et les bons du Trésor américain, qui sont tous deux des actifs de réserve et des valeurs refuges de premier plan. Lorsque le dollar se déprécie, l’or a tendance à monter, permettant aux investisseurs et aux banques centrales de diversifier leurs actifs en période de turbulences. L’or est également inversement corrélé aux actifs risqués. Une hausse des marchés boursiers tend à peser sur le cours de l’or, tandis que les vagues de ventes sur les marchés plus risqués ont tendance à favoriser le métal précieux.
Le cours peut évoluer sous l’effet d’un large éventail de facteurs. L’instabilité géopolitique ou les craintes d’une profonde récession peuvent rapidement faire grimper le cours de l’or en raison de son statut de valeur refuge. En tant qu’actif ne générant aucun rendement, l’or a tendance à progresser lorsque les taux d’intérêt baissent, tandis qu’un coût de l’argent plus élevé pèse généralement sur le métal jaune. Toutefois, la plupart des mouvements dépendent de l’évolution du dollar américain (USD), puisque l’or est coté en dollars (XAU/USD). Un dollar fort tend à contenir le cours de l’or, tandis qu’un dollar plus faible est susceptible de le faire monter.