
La paire AUD/JPY évolue en territoire positif autour de 110,90 en début de séance européenne mercredi. Son potentiel de hausse pourrait toutefois être limité par les propos favorables à un resserrement monétaire tenus par les autorités japonaises.

Le sous-gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Ryozo Himino, a déclaré mercredi que l’inflation sous-jacente avait presque atteint l’objectif de 2 % de la banque centrale. Il a ajouté que les conditions financières restaient accommodantes.
Plus tôt cette semaine, le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, a déclaré que l’inflation sous-jacente était proche de l’objectif de 2 %. Il a également indiqué que, si la banque relevait son taux directeur à court terme, les taux d’intérêt à long terme augmenteraient probablement de manière régulière dans le sillage de cette décision. La semaine dernière, Junko Koeda, membre du conseil de politique monétaire, a déclaré que la banque centrale ne devait pas faire preuve d’une prudence excessive à l’égard de nouvelles hausses des taux, qui se situent à leur plus haut niveau depuis 31 ans, compte tenu des risques haussiers importants pesant sur l’inflation.
Selon une majorité d’économistes interrogés dans le cadre d’un sondage Reuters, la banque centrale japonaise devrait relever ses taux d’intérêt à 1,50 % en décembre, après des hausses en juin et en septembre.
Les analystes de Danske Bank soulignent le ton plus confiant du gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, qui estime désormais que l’inflation sous-jacente est « très proche » de l’objectif de 2 %. Il cite les tensions sur le marché du travail et la forte demande mondiale liée à l’IA parmi les principales sources de pression sur les prix. Danske Bank relève qu’Ueda a également averti que « ne pas relever les taux à un rythme approprié pourrait faire grimper les rendements obligataires à long terme », soulignant ainsi les risques d’un retard de la politique monétaire sur la dynamique inflationniste. À l’approche de la prochaine réunion de la BoJ, qui s’achèvera le 30 octobre 2026, Danske Bank observe que les marchés anticipent un maintien des taux à 1,25 %, mais seront attentifs à toute indication laissant « ouverte la possibilité d’une hausse à 1,5 % dès décembre ».
FXS Speechtracker attribue au discours une note de 7/10, légèrement inférieure à la moyenne de 7,4/10 d’Ueda. Toutefois, l’accent mis sur une « inflation sous-jacente proche de 2 % » et sur une dynamique positive entre salaires et prix traduit une légère orientation restrictive. Ueda souligne que la vigueur de l’activité mondiale, les investissements des entreprises au Japon et les exportations alimentent une inflation tirée par la demande, dans un contexte de tensions sur le marché du travail. Il avertit également qu’une politique mal calibrée pourrait faire grimper les rendements des obligations d’État japonaises à long terme, renforçant ainsi la nécessité d’ancrer l’inflation sous-jacente autour de 2 %.
Dans le même temps, Ueda souligne que l’approche fondamentale de réduction des achats d’obligations reste inchangée et refuse d’annoncer à l’avance des mesures d’urgence sur le marché obligataire, signalant une posture prudente et dépendante des données. Le message selon lequel des hausses de taux bien calibrées permettraient aux taux à long terme d’augmenter « de manière régulière », tout en maintenant des conditions financières accommodantes, plaide en faveur d’une normalisation maîtrisée. Cette perspective soutient légèrement le yen, alors que les marchés intègrent une sortie progressive de la politique monétaire ultra-accommodante.
Sur le graphique journalier, l’AUD/JPY conserve un biais baissier à court terme, restant sous sa moyenne mobile simple (SMA) à 100 jours. Le cours se maintient au-dessus de la bande médiane de Bollinger, correspondant à la SMA à 20 jours, ce qui suggère une certaine stabilisation à court terme. De son côté, l’indice de force relative (RSI) à 14 périodes, à 52,30, indique une dynamique neutre à légèrement positive plutôt qu’une situation de survente.
À la hausse, une première résistance se situe au seuil psychologique de 111,00, avant la bande supérieure de Bollinger, proche de 111,25. Un obstacle plus important se trouve au niveau de la SMA à 100 jours, autour de 112,10, où les rebonds devraient rencontrer une pression vendeuse plus forte.
À la baisse, le support immédiat se situe sur la bande médiane de Bollinger, à 110,20. Une prolongation plus marquée du mouvement baissier entraînerait un repli vers le plus bas du 16 octobre, à 109,34, puis vers la bande inférieure de Bollinger, autour de 109,15, si les vendeurs reprennent la main.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée à l’aide d’un outil d’IA. En savoir plus.)
Le yen japonais (JPY) est l’une des devises les plus échangées au monde. Sa valeur dépend globalement des performances de l’économie japonaise, mais plus particulièrement de la politique de la Banque du Japon, de l’écart entre les rendements obligataires japonais et américains ou encore de l’appétit pour le risque des traders, entre autres facteurs.
L’un des mandats de la Banque du Japon est le contrôle de la monnaie, ce qui rend ses décisions déterminantes pour le yen. La BoJ est parfois intervenue directement sur le marché des changes, généralement pour faire baisser la valeur du yen, mais elle évite de le faire fréquemment en raison des préoccupations politiques de ses principaux partenaires commerciaux. La politique monétaire ultra-accommodante menée par la BoJ entre 2013 et 2024 a entraîné une dépréciation du yen face aux principales autres devises, en raison d’une divergence croissante entre la politique de la Banque du Japon et celles des autres grandes banques centrales. Plus récemment, l’abandon progressif de cette politique ultra-accommodante a apporté un certain soutien au yen.
Au cours de la dernière décennie, le maintien par la BoJ d’une politique monétaire ultra-accommodante a accentué la divergence avec les autres banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine. Cela a contribué à creuser l’écart entre les rendements des obligations américaines et japonaises à 10 ans, favorisant le dollar américain face au yen japonais. La décision prise par la BoJ en 2024 d’abandonner progressivement cette politique ultra-accommodante, conjuguée aux baisses des taux d’intérêt des autres grandes banques centrales, réduit cet écart.
Le yen japonais est souvent considéré comme une valeur refuge. Cela signifie qu’en période de tensions sur les marchés, les investisseurs sont davantage susceptibles de placer leur argent dans la devise japonaise en raison de sa fiabilité et de sa stabilité supposées. Les périodes de turbulences tendent à renforcer la valeur du yen face aux autres devises jugées plus risquées pour les placements.