Les contrats à terme sur le Dow Jones progressent, portés par les anticipations d’une pause de la Fed sur les taux et le rallye des valeurs technologiques liées à l’IA

  • Les contrats à terme sur les indices américains progressent, les opérateurs intégrant une probabilité de 85 % d’un maintien des taux, même si le président Warsh ne donne aucun signal clair.
  • Les fortes hausses de Super Micro, Dell et HPE avant l’ouverture soutiennent le sentiment de marché et les perspectives du secteur technologique.
  • SpaceX a bondi grâce à un solide chiffre d’affaires au troisième trimestre et à des discussions sur une fusion avec Tesla, tandis que Netflix recule sur fond de ralentissement de sa croissance.
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Les contrats à terme sur le Dow Jones se maintiennent autour de 52 730 durant la séance européenne de mercredi. Ceux sur le S&P 500 bondissent de 0,25 % pour s’échanger autour de 7 770, tandis que ceux sur le Nasdaq 100 progressent de 0,71 %, près de 29 880.

Les contrats à terme sur les indices boursiers américains ont progressé alors que les investisseurs évaluaient les perspectives de taux d’intérêt, l’outil CME FedWatch indiquant une probabilité de 85 % que la Réserve fédérale laisse ses taux inchangés la semaine prochaine. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a conservé une position neutre, soulignant qu’il ne « préjuge » pas des décisions de taux d’intérêt. Les marchés restent ainsi sans indication claire quant à savoir si la banque centrale relèvera ses taux ou les maintiendra à leur niveau actuel lors de sa prochaine réunion de politique monétaire en octobre.

Malgré l’incertitude entourant la politique monétaire, le sentiment de marché s’est amélioré grâce à de solides résultats d’entreprises, principalement portés par les valeurs liées à l’intelligence artificielle. Super Micro Computer a bondi de plus de 13 % dans les échanges avant l’ouverture après la publication de solides résultats préliminaires, ravivant la confiance dans les dépenses consacrées à l’IA et soutenant les actions de l’ensemble du secteur. Les fabricants de matériel informatique Dell Technologies et Hewlett Packard Enterprise ont tous deux progressé, tout comme les fournisseurs de services cloud spécialisés dans l’IA, CoreWeave et Nebius Group.

L’action SpaceX a grimpé de 8 % après l’annonce d’une envolée de 161 % sur un an de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, à 14,58 milliards de dollars. Le titre a également été soutenu par la révélation d’Elon Musk selon laquelle SpaceX et Tesla ont constitué des comités spéciaux pour étudier une éventuelle fusion. À l’inverse, l’action Netflix a chuté de plus de 5 % après que le géant du streaming a publié sa plus faible croissance du chiffre d’affaires en trois ans et prévu un quatrième trimestre consécutif de ralentissement de sa croissance.

Les analystes de Deutsche Bank évoquent « 24 nouvelles heures d’incertitude et de volatilité », les marchés ayant d’abord subi « un vaste mouvement de vente dans la matinée, dominé par les craintes liées à l’IA, la hausse des prix du pétrole et les inquiétudes persistantes concernant la dette souveraine française ». Ils notent toutefois que le ton a changé « à l’entrée en scène des marchés américains » et que la séance « a pris une tournure plus positive », permettant finalement « au S&P 500 de clôturer en hausse de 0,28 %, l’indice ayant enregistré le plus grand nombre de valeurs en progression sur une séance depuis avril ».

FAQ sur les actions liées à l’IA

L’intelligence artificielle est avant tout une discipline scientifique qui vise à reproduire chez les machines les fonctions cognitives, la compréhension logique, les perceptions et la reconnaissance des formes propres aux humains. Souvent abrégée en IA, l’intelligence artificielle comprend plusieurs sous-domaines, notamment les réseaux de neurones artificiels, l’apprentissage automatique ou l’analyse prédictive, le raisonnement symbolique, l’apprentissage profond, le traitement du langage naturel, la reconnaissance vocale, la reconnaissance d’images et les systèmes experts. L’objectif ultime de l’ensemble de cette discipline est de créer une intelligence artificielle générale, ou AGI. Il s’agit de concevoir une machine capable de résoudre des problèmes quelconques sans avoir été entraînée à les résoudre.

L’intelligence artificielle se prête à de nombreux usages. Les plus connus sont les plateformes d’IA générative qui s’appuient sur l’entraînement de grands modèles de langage (LLM) pour répondre à des requêtes textuelles. ChatGPT et la plateforme Bard de Google en font partie. Midjourney est un programme qui génère des images originales à partir de textes rédigés par les utilisateurs. D’autres formes d’IA recourent à des techniques probabilistes pour déterminer une caractéristique ou évaluer une entité. C’est le cas de la plateforme de prêt d’Upstart, qui utilise un système de notation de crédit enrichi par l’IA pour évaluer la solvabilité des demandeurs, en parcourant Internet à la recherche de données sur leur parcours professionnel, leur situation patrimoniale et leurs relations. D’autres types d’IA exploitent de vastes bases de données issues d’études scientifiques pour proposer de nouvelles pistes de médicaments à tester en laboratoire. YouTube, Spotify, Facebook et d’autres agrégateurs de contenus utilisent des applications d’IA pour proposer des contenus personnalisés aux utilisateurs en collectant et en organisant des données sur leurs habitudes de consultation.

Nvidia (NVDA) est une entreprise de semi-conducteurs qui conçoit à la fois des puces informatiques dédiées à l’IA et certaines des plateformes utilisées par les ingénieurs en IA pour développer leurs applications. De nombreux partisans de l’IA considèrent Nvidia comme un moyen d’investir dans les fournisseurs d’outils indispensables à la révolution de l’IA, car l’entreprise fabrique les outils nécessaires au développement de nouvelles applications de l’intelligence artificielle. Palantir Technologies (PLTR) est une société spécialisée dans l’analyse de données massives, ou « big data ». Elle a conclu d’importants contrats avec les services de renseignement américains, qui utilisent sa plateforme Gotham pour passer les données au crible, dégager des pistes de renseignement et éclairer la reconnaissance de schémas récurrents. Son produit Foundry est utilisé par de grandes entreprises pour suivre les données relatives à leurs salariés et à leurs clients à des fins d’analyse prédictive et de détection d’anomalies. Microsoft (MSFT) détient une participation importante dans OpenAI, le créateur de ChatGPT, qui n’est pas coté en Bourse. Microsoft a intégré la technologie d’OpenAI à son moteur de recherche Bing.

Après le lancement de ChatGPT auprès du grand public fin 2022, de nombreuses actions liées à l’IA ont commencé à s’envoler. Nvidia, par exemple, a progressé de bien plus de 200 % au cours des six mois qui ont suivi ce lancement. Très vite, les observateurs de Wall Street se sont demandé si une nouvelle bulle technologique était en train de s’emparer du marché. Le célèbre investisseur Stanley Druckenmiller, qui a détenu d’importants investissements dans Palantir et Nvidia, a déclaré que les bulles ne duraient jamais seulement six mois. Selon lui, si l’engouement pour l’IA devait effectivement se transformer en bulle, les valorisations extrêmes persisteraient pendant au moins deux ans et demi, voire plus longtemps, comme lors de la bulle Internet à la fin des années 1990. À la mi-2023, l’hypothèse la plus plausible était que le marché n’était pas dans une bulle, du moins pour le moment. Certes, Nvidia se négociait alors à 27 fois son chiffre d’affaires prévisionnel, mais les analystes anticipaient une croissance extrêmement élevée de son chiffre d’affaires pour les années à venir. Au sommet de la bulle Internet, le NASDAQ 100 se négociait à 60 fois les bénéfices, contre 25 fois à la mi-2023.