Le rapport américain sur l’emploi non agricole (NFP) de vendredi pèse sur un euro en repli après un plus haut d’un mois

  • L’EUR/USD évolue juste au-dessus de 1,1200 après avoir atteint son plus haut niveau depuis début octobre.
  • La présidente de la BCE, Christine Lagarde, affirme que les données publiées d’ici décembre détermineront une éventuelle hausse des taux.
  • Les chiffres de l’emploi américain sont attendus vendredi, puis le PIB du troisième trimestre de la zone euro le 13 novembre.

Les prix à la production dans la zone euro ont augmenté de 11,1 % sur un an en septembre, et la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a déclaré que les données publiées d’ici décembre détermineront une éventuelle hausse des taux. L’euro a néanmoins reculé face à un dollar qui a effacé une partie de sa baisse de mercredi. L’EUR/USD a frôlé 1,1300 mercredi, son plus haut niveau depuis début octobre, et s’échange juste au-dessus de 1,1200.

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L’inflation dans la zone euro a atteint 4 % en octobre, un sommet de trois ans, essentiellement sous l’effet de l’énergie, a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, à Milan. Elle a indiqué que l’instrument des taux d’intérêt ne devait pas être manié comme un marteau, mais que la BCE devait tout de même l’utiliser pour empêcher un emballement des anticipations. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, et le gouverneur de la Banque d’Italie, Fabio Panetta, ont tous deux déclaré qu’une hausse des taux pourrait être nécessaire en décembre, ce qui porterait le taux de dépôt au-delà de son niveau actuel de 2,5 %.

Le dollar a atteint mercredi son plus bas niveau depuis un mois après la victoire des démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, tandis que l’euro inscrivait un sommet. Les inscriptions au chômage publiées jeudi se sont ensuite établies à 189 000, soit 7 000 de moins que prévu, mais les coûts unitaires de main-d’œuvre ont reculé de 0,7 % au troisième trimestre, contre une hausse attendue de 0,6 %. Après les chiffres de jeudi, le marché évalue à près de 70 % la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en décembre, contre plus de 80 % mercredi, et le taux de dépôt reste inférieur d’un point et quart à la fourchette de taux de la Fed.

Au calendrier

L’économiste en chef de la BCE, Philip Lane, doit prendre la parole vendredi à 09h30 GMT. Les ventes au détail de septembre seront ensuite publiées à 10h00 GMT : elles sont attendues en baisse de 0,1 % sur un mois, après une hausse de 0,1 %. L’enquête Sentix sera publiée lundi à 09h30 GMT, après un précédent résultat de 2,7. La deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) du troisième trimestre sera publiée vendredi 13 novembre à 10h00 GMT, après une croissance de 0,4 %. Ces trois publications éclaireront les décisions de la BCE lors de sa réunion de décembre.

Les créations d’emplois non agricoles (NFP) d’octobre aux États-Unis seront publiées vendredi à 13h30 GMT et sont attendues à 65 000, après 29 000. L’indice des prix à la consommation (IPC) d’octobre sera publié mardi 10 novembre, avec une hausse prévue de 0,3 %, après 0,6 %. Ces deux indicateurs éclaireront les décisions de la Fed lors de sa réunion des 8 et 9 décembre, de l’autre côté de l’écart de taux.

Analyse graphique

Le repli a effacé environ un tiers de la hausse enregistrée depuis le creux du 29 octobre, situé juste au-dessus de 1,1100. La paire reste sous la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 jours, située juste au-dessus de 1,1300, et évolue depuis la mi-septembre sous l’EMA à 200 jours, située juste au-dessus de 1,1450. La dynamique journalière s’est retournée à la baisse après une situation de surachat.


Graphique journalier de l’EUR/USD

FAQ sur l’euro

L’euro est la monnaie des 20 pays de l’Union européenne qui appartiennent à la zone euro. Il s’agit de la deuxième monnaie la plus échangée au monde, derrière le dollar américain. En 2022, il représentait 31 % de l’ensemble des transactions sur le marché des changes, avec un volume quotidien moyen de plus de 2 200 milliards de dollars. L’EUR/USD est la paire de devises la plus échangée au monde, représentant environ 30 % de l’ensemble des transactions, suivie par l’EUR/JPY (4 %), l’EUR/GBP (3 %) et l’EUR/AUD (2 %).

La Banque centrale européenne (BCE), située à Francfort, en Allemagne, est la banque centrale de la zone euro. Elle fixe les taux d’intérêt et conduit la politique monétaire. La mission principale de la BCE est de maintenir la stabilité des prix, ce qui implique soit de maîtriser l’inflation, soit de stimuler la croissance. Son principal outil consiste à relever ou à abaisser les taux d’intérêt. Des taux d’intérêt relativement élevés, ou la perspective d’une hausse des taux, soutiennent généralement l’euro, et inversement. Le Conseil des gouverneurs de la BCE prend ses décisions de politique monétaire lors de réunions organisées huit fois par an. Ces décisions sont prises par les dirigeants des banques centrales nationales de la zone euro et six membres permanents, dont la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

Les données sur l’inflation dans la zone euro, mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), constituent un indicateur économique important pour l’euro. Si l’inflation augmente plus que prévu, en particulier si elle dépasse l’objectif de 2 % de la BCE, celle-ci est contrainte de relever les taux d’intérêt pour la ramener sous contrôle. Des taux d’intérêt relativement élevés par rapport à ceux des autres économies soutiennent généralement l’euro, car ils rendent la région plus attrayante pour les investisseurs internationaux souhaitant y placer leurs capitaux.

Les publications de données permettent d’évaluer la santé de l’économie et peuvent avoir une incidence sur l’euro. Des indicateurs tels que le PIB, les indices PMI de l’industrie manufacturière et des services, l’emploi et les enquêtes de confiance des consommateurs peuvent tous influencer l’évolution de la monnaie unique. Une économie solide est favorable à l’euro. Non seulement elle attire davantage d’investissements étrangers, mais elle peut aussi inciter la BCE à relever les taux d’intérêt, ce qui renforce directement l’euro. À l’inverse, si les données économiques sont faibles, l’euro est susceptible de reculer. Les données économiques des quatre plus grandes économies de la zone euro (l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne) sont particulièrement importantes, car ces pays représentent 75 % de l’économie de la zone euro.

La balance commerciale est une autre publication importante pour l’euro. Cet indicateur mesure la différence entre les recettes qu’un pays tire de ses exportations et ses dépenses d’importation sur une période donnée. Si un pays exporte des produits très recherchés, sa monnaie s’apprécie du seul fait de la demande supplémentaire émanant des acheteurs étrangers souhaitant acquérir ces biens. Ainsi, un excédent commercial renforce une monnaie, tandis qu’un déficit commercial produit l’effet inverse.