
L’USD/CHF prolonge son repli pour la troisième séance consécutive et s’échange autour de 0,8220 durant la séance asiatique de vendredi. La paire subit des pressions baissières alors que le dollar américain (USD) s’affaiblit sous l’effet d’une moindre demande de valeurs refuges, liée à l’optimisme entourant les efforts diplomatiques menés par les États-Unis.

L’apaisement des tensions au Moyen-Orient a contribué à atténuer les craintes de perturbations de l’approvisionnement pétrolier et, plus largement, de tensions inflationnistes. Ce contexte a freiné les anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion de décembre. Selon l’outil CME FedWatch, les opérateurs intègrent désormais une probabilité d’environ 75 % d’un relèvement de 25 points de base, en net recul par rapport aux 84,2 % enregistrés la veille.
Parallèlement, les cours du pétrole brut se sont stabilisés après des informations selon lesquelles le vice-président américain JD Vance aurait contacté Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, afin de relancer les pourparlers de paix. Cette initiative diplomatique a été approuvée par le président américain Donald Trump, qui a souligné les besoins de l’Iran en produits de première nécessité et en aide médicale.
Le potentiel de baisse de la paire USD/CHF pourrait être limité par la faiblesse persistante du franc suisse (CHF). Celui-ci continue de subir des pressions vendeuses liées aux opérations de portage, alimentées par le creusement du différentiel de taux d’intérêt avec les États-Unis. Les coûts d’emprunt en Suisse restant les plus bas au monde, le franc constitue une source de financement attractive : les opérateurs empruntent régulièrement en francs et les vendent pour acheter des actifs offrant des rendements plus élevés, ce qui pèse sur la valeur de la devise.
Cette dynamique est soutenue par la posture neutre prolongée de la Banque nationale suisse (BNS), qui maintient son taux directeur à 0 % depuis plus d’un an. Le président de la BNS, Martin Schlegel, a réaffirmé qu’aucun ajustement immédiat de la politique monétaire n’était nécessaire compte tenu de la stabilité de l’inflation intérieure. Si les prévisionnistes économiques s’attendent à ce que les taux restent inchangés jusqu’à fin 2027, les marchés financiers commencent à intégrer une éventuelle hausse des taux début 2027. Par ailleurs, les responsables monétaires suisses ont atténué leurs menaces d’intervention directe sur le marché des changes, privant le franc d’un autre soutien potentiel.
Les stratégistes de Scotiabank avertissent que l’équilibre des risques entourant le billet vert a sensiblement évolué, soulignant : « Nous estimons que l’USD est exposé à un risque baissier important en raison de la dégradation des fondamentaux. » Ils relèvent que le contexte macroéconomique sous-jacent ne justifie plus les récents niveaux de vigueur du dollar, ce qui rend la devise de plus en plus vulnérable si les prochaines données continuent de décevoir.
Le franc suisse (CHF) est la monnaie officielle de la Suisse. Il figure parmi les dix devises les plus échangées au monde, avec des volumes de transactions qui dépassent largement la taille de l’économie suisse. Sa valeur dépend notamment du sentiment général des marchés, de la santé économique du pays et des mesures prises par la Banque nationale suisse (BNS). Entre 2011 et 2015, le franc suisse était arrimé à l’euro (EUR). L’abandon brutal de cet arrimage a entraîné une appréciation du franc de plus de 20 %, provoquant de fortes turbulences sur les marchés. Bien que cet arrimage ne soit plus en vigueur, l’évolution du CHF reste généralement étroitement corrélée à celle de l’euro, en raison de la forte dépendance de l’économie suisse à l’égard de la zone euro voisine.
Le franc suisse (CHF) est considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire une devise que les investisseurs ont tendance à acheter en période de tensions sur les marchés. Ce statut tient à l’image de la Suisse dans le monde : une économie stable, un secteur exportateur solide, d’importantes réserves de la banque centrale et une tradition de neutralité politique dans les conflits internationaux font de sa monnaie un choix privilégié pour les investisseurs cherchant à se prémunir contre les risques. Les périodes de turbulences tendent à renforcer le CHF face à d’autres devises jugées plus risquées.
La Banque nationale suisse (BNS) se réunit quatre fois par an, à raison d’une réunion par trimestre, soit moins souvent que les autres grandes banques centrales, pour décider de sa politique monétaire. Elle vise un taux d’inflation annuel inférieur à 2 %. Lorsque l’inflation dépasse cet objectif ou devrait le dépasser dans un avenir prévisible, la banque tente de freiner la hausse des prix en relevant son taux directeur. Des taux d’intérêt plus élevés sont généralement favorables au franc suisse (CHF), car ils entraînent une hausse des rendements, ce qui rend le pays plus attractif pour les investisseurs. À l’inverse, des taux d’intérêt plus bas ont tendance à affaiblir le CHF.
Les publications de données macroéconomiques suisses sont essentielles pour évaluer l’état de l’économie et peuvent influer sur la valorisation du franc suisse (CHF). L’économie suisse est globalement stable, mais toute variation soudaine de la croissance économique, de l’inflation, du solde courant ou des réserves de change de la banque centrale peut provoquer des mouvements du CHF. En règle générale, une croissance économique soutenue, un chômage faible et un niveau de confiance élevé sont favorables au CHF. À l’inverse, si les données économiques signalent un essoufflement de l’activité, le CHF est susceptible de se déprécier.
Petite économie ouverte, la Suisse dépend fortement de la santé des économies de la zone euro voisine. Plus largement, l’Union européenne est son principal partenaire économique et un allié politique majeur. La stabilité macroéconomique et monétaire de la zone euro est donc essentielle pour la Suisse et, par conséquent, pour le franc suisse (CHF). Compte tenu de cette dépendance, certains modèles estiment que la corrélation entre les évolutions de l’euro (EUR) et du CHF dépasse 90 %, soit une corrélation presque parfaite.