
L’or (XAU/USD) évolue en repli jeudi, la dernière annonce de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) maintenant clairement la possibilité d’une hausse des taux en décembre, après que la banque centrale américaine a laissé ses taux inchangés lors de sa réunion d’octobre. Les opérateurs se tournent désormais vers les données américaines sur l’inflation mesurée par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), en quête de nouveaux indices sur les perspectives de politique monétaire. Au moment de la rédaction, le XAU/USD s’échange autour de 4 030 dollars, en baisse de 0,88 % sur la journée.

Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a voté mercredi, par 10 voix contre 2, en faveur du maintien des taux dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. La gouverneure Lisa Cook et la présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, se sont prononcées pour une hausse de 25 points de base. La décision de marquer une pause malgré les signes de plus en plus nombreux de pressions inflationnistes a d’abord été perçue comme légèrement accommodante, faisant monter l’or tout en pesant sur le dollar américain et les rendements des titres du Trésor américain à court terme.
Le message d’ensemble est toutefois resté restrictif. Le président Kevin Warsh a réaffirmé son engagement à assurer la stabilité des prix, déclarant que « si les conditions financières se sont globalement durcies, je ne souhaite pas et ne peux pas les qualifier de restrictives ». Il a également souligné que la lutte contre l’inflation ne se résumait pas à une date précise ou à une seule publication économique.
Les analystes de Rabobank soulignent que, malgré le statu quo monétaire, le Comité « a indiqué avoir besoin d’informations supplémentaires pour déterminer l’orientation appropriée de la politique monétaire ». Le président Warsh a souligné que le « FOMC recevra beaucoup plus de données au cours des semaines précédant la prochaine réunion », confirmant que les décisions de la Fed restent tributaires des données.
Le stratégiste de Rabobank chargé des États-Unis conclut que, « sans donner d’indications prospectives, Warsh a, en substance, exposé les arguments en faveur d’une hausse des taux en décembre », ce qui suggère que la porte reste clairement ouverte à un nouveau resserrement.
Les opérateurs intègrent actuellement dans les cours une probabilité d’environ 80 % d’une hausse des taux en décembre, selon l’outil CME FedWatch. Ces anticipations seront de nouveau mises à l’épreuve par l’indicateur d’inflation privilégié de la Fed, attendu à 12 h 30 GMT, en même temps que la première estimation du produit intérieur brut (PIB) du troisième trimestre.
L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de six grandes devises, se maintient fermement au-dessus de 102,00 avant la publication des données, après son repli de la veille.
Pour l’or, la perspective de nouvelles hausses des taux reste un frein majeur, car des taux d’intérêt plus élevés augmentent le coût d’opportunité de la détention de ce métal, qui ne génère aucun rendement. Un indice PCE supérieur aux attentes pourrait renforcer les anticipations de hausse des taux en décembre et faire baisser l’or, tandis que des chiffres plus modérés pourraient atténuer ces anticipations et permettre un rebond à court terme.

Sur le graphique journalier, le XAU/USD reste sous la moyenne mobile simple (SMA) à 20 jours, située à 4 113 dollars, qui constitue la bande de Bollinger médiane, maintenant ainsi un biais baissier à court terme. L’indice de force relative (RSI) oscille autour de 38, signalant une faible dynamique acheteuse sans pour autant atteindre la zone de survente. Parallèlement, l’indicateur de convergence-divergence des moyennes mobiles (MACD) reste légèrement négatif, ce qui suggère que les vendeurs conservent la main.
À la hausse, une première résistance se situe au niveau de la SMA à 20 jours, près de 4 113 dollars, suivie de la bande de Bollinger supérieure à 4 229 dollars. Un franchissement durable de ces niveaux pourrait ouvrir la voie vers 4 400 dollars.
À la baisse, la bande de Bollinger inférieure, proche de 3 998 dollars, et l’ancienne zone de support autour de 4 000 à 3 950 dollars devraient limiter de nouveaux replis. Toutefois, une rupture nette sous cette zone pourrait déclencher une baisse plus marquée.
(L’analyse technique de cet article a été rédigée avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle. En savoir plus.)
L’or a joué un rôle clé dans l’histoire de l’humanité, ayant été largement utilisé comme réserve de valeur et moyen d’échange. Aujourd’hui, au-delà de son éclat et de son utilisation en joaillerie, le métal précieux est largement considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire comme un bon investissement en période de turbulences. L’or est également largement perçu comme une protection contre l’inflation et la dépréciation des devises, car il ne dépend d’aucun émetteur ni d’aucun gouvernement en particulier.
Les banques centrales sont les plus grands détenteurs d’or. Afin de soutenir leur monnaie en période de turbulences, elles ont tendance à diversifier leurs réserves et à acheter de l’or pour renforcer la perception de la solidité de leur économie et de leur monnaie. Des réserves d’or importantes peuvent inspirer confiance dans la solvabilité d’un pays. Les banques centrales ont ajouté 1 136 tonnes d’or, d’une valeur d’environ 70 milliards de dollars, à leurs réserves en 2022, selon les données du Conseil mondial de l’or. Il s’agit du volume d’achats annuel le plus élevé depuis le début des statistiques. Les banques centrales d’économies émergentes comme la Chine, l’Inde et la Turquie augmentent rapidement leurs réserves d’or.
L’or présente une corrélation inverse avec le dollar américain et les titres du Trésor américain, qui sont tous deux des actifs de réserve et des valeurs refuges majeurs. Lorsque le dollar se déprécie, l’or a tendance à monter, permettant aux investisseurs et aux banques centrales de diversifier leurs actifs en période de turbulences. L’or est également inversement corrélé aux actifs risqués. Une hausse du marché boursier tend à peser sur le cours de l’or, tandis que des vagues de ventes sur les marchés plus risqués ont tendance à favoriser le métal précieux.
Le cours de l’or peut évoluer sous l’effet de nombreux facteurs. L’instabilité géopolitique ou les craintes d’une profonde récession peuvent rapidement faire grimper son prix en raison de son statut de valeur refuge. En tant qu’actif ne générant aucun rendement, l’or a tendance à monter lorsque les taux d’intérêt baissent, tandis qu’un coût de l’argent plus élevé pèse généralement sur le métal jaune. Toutefois, la plupart des mouvements dépendent de l’évolution du dollar américain (USD), puisque l’actif est coté en dollars (XAU/USD). Un dollar fort tend à contenir le cours de l’or, tandis qu’un dollar plus faible est susceptible de le faire monter.